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Les salaires base de calcul des retraites

Petit rappel pour mieux comprendre ce que sont les retraites et comment elles sont financées.

Le régime sécurité sociale est financé par des cotisations salariées et des cotisations sociales patronales (Salaire différé). Notre système de retraite est solidaire et intergénérationnel, ce sont les actifs qui cotisent et les retraités qui « récupèrent » leur salaire différé.

La retraite complémentaire est, comme son nom l’indique une retraite complémentaire à celle du régime général, elle devrait permettre un taux de remplacement correct pour vivre. Elle est financée par les salariés qui valident un certain nombre de points suivant leur salaire.

Les choix depuis 1993 n’ont cessé de réduire le champ de la solidarité du régime général et d’amputer les retraites complémentaires. Ce sont les salariés qui paient le gros de la facture. La réforme de 2003 n’apportant comme solution qu’une modification du nombre de trimestres à valider pour une retraite à taux plein. Rien n’a été négociable concernant le financement, c’est pourtant là qu’il faudra faire bouger les choses. Notamment en faisant porter les cotisations sociales patronales sur la valeur ajoutée.

Pour ce qui concerne la dernière réforme de l’AGIRC et de l’ARRCO, là encore ce sont les salariés qui passent à la caisse. Cotiser plus longtemps mais avec des points plus chers.

L’augmentation des contrats précaires (CDD, Intérim, etc.), les périodes de chômage, l’invalidité et toutes les formes de précarité inventées par le gouvernement et le patronat permettent de moins en moins aux salariés de gagner décemment leur vie et donc ne peuvent prétendre à la retraite à l’âge de 60 ans.

Les négociations sur la réparation de la pénibilité avec le MEDEF sont au point mort. C’est là que l’on voit que nos revendications d’augmentation des salaires et de plein emploi prennent toute leur dimension.

Pour ce qui concerne les secteurs d’activités de la fédération, il est à noter que d’un point de vue conventionnel, les minima sociaux restent très en deçà des réels besoins d’augmentation du pouvoir d’achat.

Les dernières négociations du Transport Routier Marchandise (enfin appelons cela comme ça) n’ont pas permis d’aller vers une vraie prise en compte des qualifications, d’appliquer un salaire qui fasse sortir la profession de la smicardisation. Certes les salaires sont au-dessus du SMIC mais pour un temps de travail au-dessus de la norme légale, sans parler des heures supplémentaires qui donnent une impression de salaire confortable mais au prix de près de 200 heures travaillées.

Les employeurs peuvent pleurer sur les « charges sociales » et sur le coût du travail, les actionnaires eux se félicitent des dividendes qu’ils ont encore touchés.

Pour preuve que les salariés sont considérés comme de la marchandise, le Groupe EFFIAGE (construction et autoroutes) a refusé que les salariés actionnaires vendent leur action au prétexte que le cours était trop haut, cela vaut certainement quand il est trop bas.

Les différents systèmes de rémunération que sont l’intéressement, la participation et l’actionnariat salarié, s’ils peuvent faire croire que le salaire est plus important, masquent la triste vérité. Les entreprises l’ont bien compris, il faut que le salarié voit tous les mois une rémunération qui le fasse se tenir tranquille. Mais toutes ces primes n’ont que l’avantage de ne pas être assujetties à cotisations sociales et ce sont ces mêmes patrons du MEDEF qui nous feraient croire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses pour rembourser les médicaments, payer les retraites ou encore apporter une aide aux personnes âgées.

Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Arrêtons le massacre, l’argent existe. Jamais les profits des grandes entreprises n’ont été aussi importants. Jamais les actionnaires n’ont eu autant de dividendes. Jamais les salariés n’ont autant souffert de leur travail

Vivre du fruit de son travail voilà la vraie revendication des salariés.

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