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SOMMET DE PRINTEMPS : POUR LA CES, C’EST L’EMPLOI LA PRIORITÉ ET NON LES MARCHÉS FINANCIERS

Une délégation syndicale de la Confédération européenne des syndicats (CES), composée des leaders syndicaux de la troïka en cours, participera au Sommet social tripartite du 25 mars. A cette occasion, la délégation conduite par John Monks, Secrétaire général de la (CES) et Wanja Lundby-Wedin, Présidente de la CES, émettra son message commun au Sommet européen qui se tiendra le lendemain : les gouvernements ne doivent pas se précipiter dans une rigueur budgétaire et dans des coupes sombres des dépenses publiques répondant essentiellement aux exigences des marchés. La crise ne doit pas non plus être le prétexte à davantage de déréglementation, de précarisation et de privatisation des services publics.

De nombreuses actions et manifestations ont eu lieu et continueront d’avoir lieu en Europe. La mobilisation en Grèce ne faiblit pas. L’ensemble du mouvement syndical européen est déterminé à faire entendre ses exigences lors de la journée d’action européenne du 24 mars. Les actions seront amplifiées, dans les prochains mois, si ces exigences ne sont pas entendues.

John Monks a déclaré : « Ce n’est pas la dette publique qui pèse sur la relance mais ce sont les marchés financiers qui, au lieu de mettre du crédit disponible au service de l’investissement productif, continuent comme auparavant à spéculer contre ces mêmes États qui les ont sauvés il y a peu de temps ».

Le Secrétaire général de la CES a ajouté : "N’en déplaise à ceux qui le clament sur les toits, la crise est loin d’être terminée. La preuve en est la courbe du chômage qui reste à la hausse, notamment parmi les jeunes. Nous sommes alertés par les annonces de certains gouvernements qui parlent déjà de mesures de sorties de crise, alors que celle-ci continue à sévir brutalement (4 millions d’emplois détruits en 2009 en Europe). La CES presse les États à ne pas se désengager et à continuer à soutenir l’économie. Alors même que les gouvernements sont fortement incités à prendre des mesures d’austérité, nous leur demandons de ne pas sacrifier les dépenses sociales qui jouent le rôle d’amortisseurs de la crise. Il y a urgence à continuer à soutenir l’économie et ceux qui paient les pots cassés de la crise. Se désengager précipitamment de ce soutien provoquerait une dégradation de la situation économique et sociale. Il serait indécent de faire payer la note aux travailleurs. En plus, ceux qui maintenant, prétendent que les États sont responsables de la fragilité de la reprise ont la mémoire courte, c’est grâce à l’initiative publique qu’on a évité une nouvelle grande Dépression à l’image de celle des années trente. Actuellement, la dette publique ne détruit pas l’investissement privé, au contraire, les investisseurs privés ont besoin et profitent de la dette publique".

Afin de consolider la sortie de crise, le mouvement syndical européen demande :
- Un plan de relance de l’UE équivalant à 1% du produit intérieur brut européen visant à mettre place de nouvelles politiques industrielles innovantes créatrices d’emploi.
- Des initiatives européennes pour défendre les emplois et s’attaquer aux « restructurations boursières : les entreprises qui licencient massivement alors qu’elles génèrent des profits importants doivent contribuer au Fonds européen d’ajustement.
- Des politiques de transition juste des emplois d’aujourd’hui vers des emplois verts de demain. La négociation d’un véritable agenda social pour l’Union européenne.
- Un soutien de la croissance interne de l’UE, en particulier par un nouveau programme d’un milliard d’euros afin d’aider les chômeurs à retrouver un emploi, notamment les jeunes durement frappés.
- Un investissement dans les travailleurs pour leur fournir une formation et des compétences pour l’avenir afin d’assurer la sécurisation des parcours professionnels, alors même que la tendance est à la coupe dans toutes les dépenses liées à la formation, que ce soit dans le domaine privé ou public.
- Des mesures spécifiques destinées à aider les économies sinistrées, telles que la Grèce, en réduisant leurs taux d’emprunt et en renforçant le dialogue social.
- Une mise en place d’une gouvernance économique européenne qui instaure de nouvelles méthodes de collectes de fonds comme une taxe sur les transactions financières, des taxes sur les primes et la possibilité d’émettre des euro-obligations destinées à financer des projets communautaires spécifiques. Concernant la spéculation, des enquêtes devraient être menées sur les opérations comptables inacceptables de certaines banques, comme Goldman Sachs.
- Une accélération aux niveaux européen et international, des mesures efficaces de régulation des institutions financières afin qu’elles ne puissent plus jamais infliger à des millions d’individus un désastre d’une telle ampleur.
- Un protocole de progrès social dont l’objectif est d’assurer un meilleur équilibre entre le marché unique et les droits sociaux.

23 mars 2010

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