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Forum social mondial de Dakar : La lutte des travailleurs sans papiers s’invite à Dakar

Une lutte portée par des syndicats unis

Le stand de la Cgt réinstallé (tous les soirs, l’exposition est démontée, ramenée à l’hôtel et remontée le lendemain matin), les « flyers » en main, les militants ont été annoncé à l’entrée principale du Forum social mondial l’atelier organisé par la Cgt avec la participation de la Cfdt, de Solidaires et de la Fsu sur le thème « des coopérations syndicales pour la défense des droits des migrants ». L’endroit où devait se tenir le débat n’ayant pas fait l’objet d’une publication dans le programme du Forum la veille. Malgré ces conditions, il y avait beaucoup de monde sous la grande tente.

En introduction la Cgt a fait un rapide rappel des moments forts de la lutte des travailleurs sans papiers en France à partir des objectifs fixés dans la lettre au Premier ministre du 1er octobre 2009 par les onze organisations syndicales et associations. Insistant sur le fait que cette lutte engagée en particulier depuis le 12 octobre 2009, était très concrètement estampillée syndicale vu que les 6804 migrants grévistes revendiquaient des conditions de régularisation pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses sans papiers en France.

La Fsu souligna que cette lutte avait déjà permis de changer le regard porté par la population en France sur ces salariés et Solidaires insista sur le contexte notamment de « l’acte II » où les la régularisation par le travail, via « l’article 40 », ouvraient un « axe supplémentaire » dans les possibilités de régularisations.

De son côté le représentant de la Cfdt, tout en saluant l’engagement de la Cgt dans ce combat indiqua que c’était une bataille qui démarrait. Qu’en accueillant les migrants dans leurs permanences, ils militaient pour que tous les travailleurs soient traités de la même façon.

Même si quelques participants à cet atelier voulaient à tout prix rouvrir, ici à Dakar, le débat sur les objectifs de la grève et la stratégie syndicale engagée, l’ensemble des participants à travers les différentes interventions et réponses aux questions posées ont découvert ou redécouvert l’importance politique de cette lutte menée en France par « le collectif des Onze » aux côtés des travailleurs migrants.

Le représentant de l’association des maliens expulsés (AME) est intervenu pour soutenir l’action des organisations syndicales françaises et proposer un renforcement de la coopération avec la Cgt. Rendez-vous a été donné à tous les participants pour poursuivre la réflexion le lendemain au même endroit autour de la question du renforcement de la coopération des organisations syndicales du nord et du sud sur le thème.

Les militant-e-s de la CGT acteurs dans deux événements à Dakar L’installation du stand de la CGT

Comme de coutume, l’installation au Forum mondial n’est jamais simple. Mais on nous avait prévenu la veille : le désordre est structurel dans les Forums ! Arrivé sur place, il faut courir un peu partout pour trouver quelqu’un pour vous renseigner sur l’emplacement de votre stand. Et comme au dernier moment des tentes ont remplacé les salles en dur prévues à cet effet, vous finissez par quasiment squatter une structure ouverte à tout vent.

À peine les 21 bâches de l’exposition sur la lutte des travailleurs sans papiers installées, les drapeaux Cgt plantés et déjà les premiers groupes de jeunes africains se relayaient devant les photos. Toute cette première journée n’a été que mini conférences sur cette lutte exemplaire. Beaucoup d’interrogations sur le rôle de la Cgt dans cette lutte et beaucoup de félicitations pour son implication aux côtés de ces migrants sans titre.

Renforcer une coopération syndicale sur des axes concrets

Répondant à l’invitation de la CGT et de la FSU - sous la présidence de Mamadou DIOUF, secrétaire Général de la CSA, - une réunion de travail s’est tenue dans les locaux de la centrale syndicale sénégalaise.

L’exercice consistait à parfaire les relations syndicales sur les questions touchants aux droits des travailleurs migrants, de trouver des revendications et actions communes, tout en poursuivant les réflexions et les analyses critiques vis-à-vis des politiques migratoires des Etats et gouvernements

Ainsi se sont exprimés les responsables des centrales syndicales sénégalaises (CNTS, CSA ) , burkinabé (CGTB) tchadienne (UST) malienne (CSTM) béninoise (CSTB et CSA) malgache (CTM), validant l’idée de travailler ensemble sur un guide pour les travailleurs migrants, de s’atteler aux questions touchants à la formation, de mettre en lumière les problèmes touchant à la protection sociale et aux retraites.

La journée s’est terminée autour d’un méchoui africain offert à l’ensemble des participants par la CSA

Lundi 7 février Un devoir de mémoire

Ce lundi 7 février, une plaque commémorative a été posée à la maison des esclaves de l’Ile de Gorée au nom de la CGIL (Italie), de la CGT, de la FGTB (Belgique) des CC.OO. (Espagne), de la CUT (Brésil) et d’organisations de solidarité internationales. Jean Michel Joubier, pour la CGT, est intervenu pour se féliciter de ce geste, à l’initiative de la CGIL, qui témoigne de la volonté du mouvement syndical, 163 an après l’abolition de l’esclavage en France, d’agir pour la défense des libertés, des droits des travailleurs, du travail décent et de la paix. C’est, c’est pour la CGT, une façon de réaffirmer sa volonté d’agir ensemble pour la construction d’un autre monde.

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