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Déclaration de la Cgt à l’issue de la rencontre avec le Président de la République

A la demande du président de la République, une délégation de la CGT* a été reçue lundi 28 février.

Cette rencontre s’inscrit dans une volonté de Nicolas Sarkozy d’afficher « une reprise de contact » avec les syndicats après leur opposition unanime contre la réforme des retraites et la mobilisation persévérante de millions de salariés durant le dernier semestre de 2010.

Pourtant demandeur de cet entretien, le Chef de l’Etat n’a pas davantage laissé entendre qu’il était plus réceptif qu’auparavant aux revendications et aspirations exprimées par la CGT.

Qu’il s’agisse de la situation de l’emploi, du pouvoir d’achat, l’entretien confirme de réelles divergences d’appréciation tant sur la situation actuelle que sur les réponses à y apporter. Le président de la République minore largement la responsabilité des entreprises dans la situation sociale actuelle.

La délégation a concentré ses interventions sur : Notre rejet d’un pacte dit de « compétitivité » que nous qualifions de pacte d’austérité, susceptible d’être adopté par les gouvernements en Europe et qui vise partout a faire payer les conséquences de la crise aux salariés en s’attaquant à leurs droits en matière de retraite, de salaires, de temps de travail, de budget public ... La CGT a redit sa détermination à combattre cette politique avec les autres syndicats d’Europe, notamment par l’euro manifestation du 9 avril à Budapest organisée par la CES. La France est d’autant plus malvenue à culpabiliser les salariés sur leur compétitivité que les employeurs du CAC 40 sont les mieux rémunérés de tous les européens, que les dividendes annoncés pour les actionnaires s’annoncent en record pour cette année alors que parallèlement l’austérité salariale et la précarité se généralisent.

Notre mécontentement sur la situation de l’industrie qui fait désormais apparaître la France dans les derniers pays européens. La CGT a protesté contre le choix du gouvernement de relayer officiellement les thèses du Medef (au travers de la Conférence nationale de l’Industrie) qui s’efforce de justifier les fermetures d’entreprises par un coût du travail qui serait trop élevé au regard des autres pays, et notamment de l’Allemagne. La CGT a rappelé qu’à ce jour, aucune suite concrète n’a été donnée à notre proposition de créer une nouvelle filière industrielle pour la déconstruction des navires pourtant relayée par le Grenelle de la Mer.

- Le projet « dépendance ». la CGT a redit la nécessité d’inscrire la réflexion et les futures mesures au sein de la sécurité sociale et, selon ses principes fondateurs aussi bien pour les prestations que pour ses règles de financement, la CGT considère que l’ensemble des personnes « en perte d’autonomie », et pas seulement les plus âgés, devraient être pris en considération. Si le Président s’est efforcé d’entretenir un certain flou sur les principes de base, il a bien confirmé l’intention de recourir à de nouveaux financements (CSG, assurance …) qui auront des conséquences pour les salariés.

- Le conflit de la SNCM. La CGT a jugé inacceptable que l’Etat, présent pour 25 % du capital, demeure silencieux sur l’avenir de l’entreprise qui suscite une grève de plusieurs semaines. Il y a urgence à organiser la table ronde revendiquée par les personnels et les collectivités territoriales.

Montreuil, le 28 février 2011

* La délégation de la CGT était composée de Bernard THIBAULT, Nadine PRIGENT, Mohammed OUSSEDIK

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