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Pouvoir d’achat, protection sociale, autonomie : Retraités mal traités, mobilisés le 17 mars

Alors que le gouvernement doit décider de la revalorisation des pensions le 1er avril, l’union confédérale des retraités CGT appelle à la mobilisation partout dans le pays pour exiger, notamment, une augmentation des pensions qui ne devraient pas être inférieures au SMIC et un rattrapage des pensions d’au moins 300€ par mois pour tous au titre des pertes accumulées.

Introduction à la conférence de presse de l’UCR CGT le 14 mars 2011

Retraités : Pouvoir d’achat, pensions, niveau de vie, reste à vivre…

Fini le stress du travail, vive les plages de sable fin et la dolce Vita ! A en croire la plupart des médias, des publicités, les retraités, ou plutôt les « seniors » seraient toujours entre deux avions et entre deux fêtes à Marrakech ou à Saint-Barth.A en croire la plupart des médias, des publicités, les retraités, ou plutôt les « seniors » seraient toujours entre deux avions et entre deux fêtes à Marrakech ou à Saint-Barth. On lit fréquemment que le niveau de vie des retraités est presque comparable à celui des actifs, voire supérieure pour mieux les stigmatiser et les traiter parfois de nantis. On entend dire aussi par exemple que les ménages retraités sont plus souvent propriétaires de leur résidence principale et d’un patrimoine plus important que les ménages d’actifs, cependant, il faut rappeler que le patrimoine est particulièrement concentré, c’est-à-dire pour l’essentiel détenu par un nombre réduit de ménages. Les 10% de ménages de retraités les plus riches disposaient en 2004 d’un patrimoine supérieur à près de 400 000 euros, les 10% les plus pauvres avaient un patrimoine inférieur à 2200 euros.

La réalité que connaissent et vivent les retraités est tout autre. Aucun retraité ne ressemble au « retraité moyen » de la statistique, pas plus d’ailleurs que de « l’actif moyen ». Différents organismes utilisent des méthodes de calcul qui peuvent en apparence présenter certaines logiques, mais il y a une évidence incontestable, les ressources ne se retrouvent pas à l’identique lorsque l’on passe de la vie active à la retraite. Dans le meilleur des cas, le montant de la pension ne dépasse pas 75% des derniers bulletins de salaire et autres indemnités et avantages divers existants.

Le raisonnement statistique est redoutable : les moyennes empêchent parfois d’observer des inégalités persistantes et bien réelles. Il existe de grandes différences entre retraités. Par exemple : la pension de retraite moyenne était de 1122€ brut (droit direct =retraite de base + complémentaires) fin 2008, mais avec de grandes disparités entre hommes (1426€) et femmes (825€, soit 58% de celle d’un homme) (source DREES)

Entre la retraite d’un cadre d’une grande entreprise et celle d’une femme seule qui a travaillé par intermittence dans des petites et moyennes entreprises, il y a un monde. 5 millions de retraités ont entre 800 et 1100€, 4 millions touchent le minimum contributif (595€) 60% des bénéficiaires de l’allocation vieillesse (ASPA= + de 65 ans) sont des femmes et cette prestation est récupérable sur succession dépassant 39 000€. Les bénéficiaires de minima sociaux et de petites retraites se retrouvent avec des restes-à-vivre de plus en plus maigres Les dépenses contraintes pèsent de plus en plus lourdement dans le budget : logement, chauffage, gaz, électricité, transports, santé…des dépenses plus lourdes que lorsque l’on est plus jeune ou en activité.

Le logement par exemple : la part pour les ménages plus pauvres augmente plus au regard du niveau des pensions en baisse (entre 25 et 32,6%) pour le parc public et 37% pour le parc privé.

64% des femmes ont une retraite inférieure à 900€, voire inférieure à 700€ pour 36% d’entre-t-elles, et la loi 2010 sur la réforme des retraites représente un nouveau pas en arrière pour celles-ci.

Pour la grande majorité des retraités, la question cruciale qui les mine chaque mois, c’est après avoir fait le compte des dépenses obligés, que reste-t-il pour vivre, ou plutôt pour survivre ? Faute d’argent, plus de 14% des retraités renoncent à se soigner. Pour beaucoup d’autres, le reste à charge dans la part des dépenses de santé augmentant au fur et à mesure des déremboursements de médicaments, du désengagement de la Sécurité sociale et des mesures gouvernementales, des dépassements d’honoraires, limitent les soins.

De réforme en réforme, les retraités s’appauvrissent et le gouvernement poursuit ses agressions contre le 3ème âge avec de nouvelles dispositions qui visent à les entrainer vers encore plus de misère.

Le projet en préparation sur la dépendance participe à cette logique régressive contre toutes les générations de retraités. Il est vrai que les mesures ne visent pas que les retraités, mais reconnaissons qu’ils sont particulièrement malmenés. En un mot maltraités.

De la libération jusqu’en 1993, les pensions du régime général, indexées sur le salaire moyen ont connu une évolution positive et constante du pouvoir d’achat. La conséquence de l’indexation sur les prix de nos retraites, et non plus sur le salaire moyen, et autres dispositions découlant des réformes Balladur et Fillon en 2003, ont conduit selon les sources de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) à une baisse généralisée du niveau de vie des retraités de 20% environ.

La réforme de 2010, ne fera qu’amplifier les dégâts ou pour la grande majorité des retraités, l’insupportable est atteint.

Concernant l’indice des prix à la consommation de l’INSEE qui sert de référence au gouvernement pour fixer approximativement le montant de la revalorisation des pensions est comme son nom l’indique un indice général qui amalgame des situations bien différentes. Un indice des prix à la consommation, qui n’est pas un indice « du coût de la vie », il ne tient pas compte des différences selon les catégories de salariés et de retraités, et encore moins des dépenses nécessaires qui conditionnent le niveau de vie des retraités (charge de chauffage, électricité, santé, aspiration aux loisirs, voyages, culture…). La référence à cet indice pour fixer le montant de la revalorisation annuelle des pensions doit être abolie. C’est pourquoi nous réclamons le retour à l’indexation des pensions et retraites sur l’évolution du salaire moyen.

Pour la CGT, 2010 et les années antérieures, le compte n’y est pas. Le 1er avril, le gouvernement doit annoncer le montant de la revalorisation des pensions et déjà, depuis le début de l’année, les hausses de prix en tout genre qui tombent "comme à Gravelotte" ont amputé par avance le pouvoir d’achat des retraités.

Plus qu’une augmentation substantielle et nécessaire des pensions, plus particulièrement pour les plus basses, les retraités, les femmes retraitées, attendent un rattrapage qui permettent de gommer les inégalités accumulées au cours de leur vie professionnelle et qui impacte sévèrement le montant de leur retraite, un rattrapage d’au moins 300€ par mois pour tous au titre des pertes accumulées. Le minimum de pension au niveau du SMIC, le rétablissement de la demi-part fiscale supprimée aux veuves, veufs, divorcés, séparés, la pension de reversion à 75% de la retraite initiale, et bien évidemment, le Medef n’est pas quitte pour ce qui concerne les retraites complémentaires, dont les négociations en cours laissent augurer de biens mauvaises nouvelles compte tenu de l’intransigeance patronale.

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