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Une rentrée dynamique et combative

La situation est inédite mais n’est pas bloquée car de réelles marges d’intervention existent". S’exprimant devant les responsables d’unions départementales et de fédérations au cours d’une réunion de rentrée le 30 août, Francine Blanche, secrétaire confédérale, s’est montré résolument offensive. "Jusqu’à la fin décembre, l’essentiel du contrat social sera mis sur la table, a-t-elle rappelé. Nous allons profiter de cette exceptionnelle période pour construire des propositions avec les salariés, les rendre lisibles, les rendre incontournables. Ce sont nos propositions qui sont attendues, y compris sur des sujets qui ne sont pas aujourd’hui à l’ordre du jour. Nous avons à assurer notre présence pleine et entière dans les rendez-vous nationaux mais nous avons surtout à faire vivre notre syndicalisme Cgt partout".

Négociations hebdomadaires avec le Medef et conférences gouvernementales A partir du 7 septembre et jusqu’à la fin de l’année, syndicats et patronat négocieront sur le "marché du travail" : la sécurisation des parcours professionnels, le contrat de travail, la réforme du régime d’assurance chômage et du service public de l’emploi, la représentativité syndicale et la démocratie sociale. En octobre et novembre, le gouvernement ouvrira plusieurs conférences tripartites sur les conditions de travail ; les pensions ; l’emploi, les salaires et les revenus ; l’environnement, l’égalité professionnelle.

Malgré les lois votées cet été, des marges d’intervention existent Deux lois fondamentales ont été adoptées définitivement le 21 août : la loi dite Tepa, pour travail, emploi, pouvoir d’achat, et la loi sur le service minimum dans les transports. La première autoriserait donc les Français à "travailler plus pour gagner plus" comme l’avait promis le Président de la République. "Ceux des salariés, notamment des PME, qui ont encore des illusions sur ce sujet vont vite se faire une opinion à l’automne, d’autant plus vite si nous sommes à leurs côtés", a commenté Francine Blanche. La Cgt n’a eu de cesse de le rappeler : il ne suffit pas d’une loi pour changer la réalité des heures supplémentaires. Elles sont toujours décidées par le patron et lui seul ; les salariés à temps partiel imposé ou au forfait-jour ne voient pas leur situation s’améliorer ; les heures ne sont susceptibles d’exister que si l’entreprise à suffisamment de contrats, ce qui est problématique compte tenu de la dégradation de la situation économique. "Tant que l’on ne s’attaque pas aux fondements de la dégradation économique dans notre pays, tout le reste n’est que cosmétique" a déclaré la secrétaire confédérale. La loi sur le service minimum a déjà provoqué des réactions au cœur de l’été. Des milliers de salariés se sont rassemblés le 31 juillet pour protester contre un projet de loi constituant "une offensive contre les acquis sociaux" (déclaration confédérale du 16 août). La loi prévoit que des négociations doivent s’ouvrir dans les entreprises de transports en vue de signer, avant le 1er janvier 2008, « un accord organisant une procédure de prévention des conflits et tendant à développer le dialogue social. ». "A nous de tout faire, avec les salariés concernés, pour obtenir des accords qui respectent le droit de grève et font avancer la qualité du service public. Une première rencontre avec les camarades des fédérations et entreprises concernées est d’ailleurs prévue le 13 septembre", a annoncé Francine Blanche.

Des avancées et des luttes victorieuses porteuses d’espoir L’été ne s’est heureusement pas résumé à l’actualité parlementaire. Quelques succès ont été obtenus, confirmant le rôle déterminant de l’activité revendicative au plus près des salariés. C’est tout d’abord un nouveau coup porté au CNE : le 6 juillet, la cour d’appel de Paris a désavoué ce contrat sur le fond pour non respect de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail qui stipule "qu’un travailleur ne doit pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement …, ni avant que lui ait été offert la possibilité de se défendre". "La bataille juridique n’est pas terminée mais, d’ores et déjà, la plupart des patrons des très petites entreprises délaissent le CNE et ce jugement a été perçu comme un avertissement fort envers tous ceux qui seraient tentés à l’automne de réformer le contrat de travail en utilisant les caractéristiques du CNE" a déclaré la secrétaire confédérale. Autre succès : la victoire des salariés polonais de la Sogebat dans les Pyrénées-Orientales. Cette entreprise avait abandonné ces travailleurs sans salaire après les avoir embauchés en CNE. "Les salariés se sont bougés, ont trouvé une Cgt qui a su les aider, leur faire connaître leurs droits, relate Francine Blanche. Cette « bataille des Pyrénées » vient de se terminer par un grand succès puisque non seulement les salariés ont été payés mais ceux qui le souhaitaient ont pu rester dans l’entreprise avec un CDI. Pas étonnant dans ces conditions que beaucoup d’entre eux aient décidé d’adhérer à la Cgt, qui a pu concrètement montrer sa solidarité et son efficacité."

Meeting de rentrée de Bernard Thibault le 25 septembre Les militants de la Cgt auront de nouveau l’occasion de se retrouver au cours d’une rencontre nationale organisée à Montreuil le 25 septembre. Cette journée de travail s’achèvera par un meeting de rentrée avec Bernard Thibault.

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