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Un scandale sanitaire de plus. Un scandale de trop

Notre système de santé et de sécurité sociale longtemps présenté comme le meilleur du monde est à nouveau pris dans la tourmente d’une affaire où l’émotion se conjugue à l’indignation, à la révolte.

Par milliers, des femmes découvrent avec horreur que leurs prothèses mammaires ont été délibérément fabriquées à partir de gel silicone non conforme.

Comme pour le Médiator, le sang contaminé, l’hormone de croissance, le fil conducteur reste la recherche du profit maximum. Le « fric » avant toutes autres considérations.

Depuis toujours la CGT combat cette logique de marchandisation de la santé, du corps, du vivant, alerte sur les conséquences de la banalisation sans contrôle des actes de soins, de réparation esthétiques. Ce sont les renoncements par les gouvernements successifs à développer une véritable politique de santé et de sécurité sociale qui porte les germes de cette effroyable situation, tant humaine que financière. Des renoncements qui ont autorisé des industriels cyniques et corrompus à pouvoir pratiquer leurs basses œuvres.

Bien sûr, la justice va faire son travail. Mais il faudra aller plus loin qu’une simple condamnation des criminels. Toute la lumière sur la chaîne des responsabilités devra être engagée, avec aussi l’interrogation sur le silence imposé aux salariés. Car ce scandale de trop est le fruit pourri de l’empêchement pour le monde du travail de son pouvoir et de sa capacité d’agir afin d’alerter et d’exiger des expertises. C’est un appel à la transparence, à la démocratie dans et au travail. L’entreprise ne peut plus et ne doit plus rester un lieu de la soumission.

Le devoir absolu de réparation est, bien entendu, une exigence, une nécessité pour toutes ces femmes meurtries dans leurs chaires. La sécurité sociale, que se pouvoir méprise, doit et va s’engager au cotés des victimes. Mais les industriels ne peuvent pas à chaque crise sanitaire reposer leurs responsabilités sur les assurés sociaux. La double peine infligée au peuple du travail n’a que trop duré…

La fin de marchandisation de la santé, la reconquête d’une sécurité sociale de haut, niveau, les moyens et l’autorité donnés aux organismes publics de contrôle, l’entrée de la démocratie dans l’entreprise reste des idées et des exigences neuves et impérieuses.

La CGT est engagée dans ce combat de vie.

Montreuil, le 10 janvier 2012

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